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Le plus célèbre de ces Trojans est une
application client/serveur développée en 1998 par le CdC (The Cult of
the dead Cow), un groupe de hackers très actif. Baptisée "Back
Orifice" (terme imagé vulgaire, signifiant
littéralement orifice de derrière…) en référence à la suite logicielle
de Microsoft "Back Office", cette application a été développée pour
mettre en évidence les failles de sécurité de Windows.
En effet, Windows est « un système ouvert »,
par la volonté même de ses concepteurs et utilisateurs. On parle même de
trou de sécurité ! Le backdoor se sert donc de l’un de ces innombrables
« trous de sécurité » qui constitue en fait une véritable faille de
sécurité ; en l’occurrence un port de communication laissé ouvert par
Windows et qui n’a pas été fermé (protégé) par un firewall.
Utilisé à bon escient, "Back Orifice" est un
puissant outil d'administration à distance mais il peut également être
utilisé par les pirates en étant intégré dans un autre logiciel ou en
étant renommé pour laisser croire que c'est un programme inoffensif.
En effet, le but de ce type de Cheval de Troie
est, une fois installé, de permettre à l’expéditeur d’y pénétrer, voire
même parfois accompagné de tous ses petits copains. Des commandes lui
permettent soit de voir vos actions lorsque vous êtes connecté à
Internet, y compris ce que vous tapez à l’écran, comme un keylogger (mot
de passe, transmission de détail de votre carte de crédit…), soit de
prendre le contrôle total de votre machine depuis son clavier, son écran
et sa souris : il peut tout faire, comme accéder à tous les fichiers de
votre ordinateur, copier vos données sensibles, détruire ou installer
des fichiers ou programmes à votre insu (virus…), etc.
De plus, les backdoors sont de plus en plus simplifiés. Une jolie
interface graphique avec tout plein d'icônes. N'importe qui peut les
utiliser. Voyons l'exemple de SubSeven, l'un des backdoors après Back
Orifice:
Certains backdoors sont tellement évolués
qu’ils sont de véritables outils de prise en main et d’administration à
distance d’un ordinateur ou d’un réseau à l’égal de produits commerciaux
de télé-maintenance et de télé-diagnostique d’un ordinateur tels que le
très bon « PC-Anywhere ». Ces derniers permettent au service après vente
de votre fournisseur ou de votre service informatique, d’intervenir à
distance pour un dépannage immédiat, sans déplacement, et non pas dans 3
heures ou 3 jours. Les fonctions sont les mêmes que notre backdoor ;
seul le nom diffère, ainsi que la méthode d’installation : c’est
vous-même qui avez volontairement acheté et installé le produit
commercial !
Installation
du client sur votre ordinateur
Aussi méchants soient-ils aussi leur
fonctionnement est assez simple à comprendre. En effet, le backdoor,
exécuté sur votre machine, va aller s’installer bien au chaud dans les
fichiers systèmes (là où seul l’utilisateur confirmé pointe parfois le
bout de son nez). Là, il a peu de chance de se faire repérer, et même
avec un ctrl-alt-sup, il se peut qu’il n’apparaisse pas. Si c’est le
cas, c’est sous un nom qui ne retiendra pas l’attention. Son activité
est donc totalement transparente.
Une fois installé, il va commencer par
implanter un dispositif en jouant dans la base de registres de Windows
et/ou les listes de démarrage. Dispositif
qui lui permettra de se lancer automatiquement à chaque démarrage.
Maintenant qu’il est actif, il va devoir
s’occuper de trouver un port parmi les 65
536 présents. Ainsi, dès qu’il en a trouvé
un, il se chargera de le laisser ouvert à chaque fois que vous vous
connecterez… Contrairement à tout ce que l’on entend, c’est le pirate
qui appelle son backdoor, et non le contraire. Le troyen n’a donc plus
qu’à rester à l’écoute de son maître.
Liaison client/serveur
Dès cet instant commencent les choses sérieuses
pour le hacker (ou lamer), avec votre port laissé ouvert. Pour
communiquer avec son backdoor, et donc s’infiltrer dans votre machine,
il doit connaître votre code d’identité sur
Internet. Ce code, c’est votre adresse IP.
Deux possibilités s’offrent à lui, selon cette adresse :
-Premier cas :
vous avez une adresse IP fixe
Vous êtes possesseur d'une ligne ADSL / Câble
ou êtes dans un réseaux d’entreprise, votre adresse ne change que tout
les 24 H (elle ne change pas du tout pour les réseaux d'entreprise).
La tâche est donc facile pour le pirate. Régulièrement,
il lui suffira de scanner directement votre
adresse pour voir si vous êtes en ligne et
si le port sur lequel écoute son backdoor est ouvert. On remarque que
dans ce cas là, le pirate s’attaque à une cible choisie et les cibles
choisies ne sont pas les ordinateurs de monsieur tout le monde. Donc,
tant que vous ne sortez pas la tête de l’eau, vous êtes noyés dans les
millions d’adresses IP, et c’est une assez bonne planque.
-Second cas : vous
avez une adresse IP dynamique
Là, c’est le cas de monsieur tout le monde,
possesseur d’une ligne RTC / Numéris, avec une adresse affectée à chaque
connexion.
Le pirate va donc scanner les adresses IP
afin de trouver, adresse par adresse, si son backdoor est à l’écoute.
Ne vous inquiétez pas pour lui, il ne va pas se casser la tête pour
cette tâche : de petits programmes sympas sont là rien que pour ça.
On remarque que dans ce second cas, c’est le hasard qui choisira la
cible. De plus, il se peut qu’en plus d’être la cible choisie par le
hasard pour ce pirate, vous le soyez aussi pour d’autres pirates
recherchant le même backdoor ! (le pirate a la possibilité de protéger
son backdoor par un mot de passe, s’il vous veut pour lui seul).
A partir de là, tout est possible. Le plus dur a été fait. Le maître et
l’esclave étant de nouveau réunis, ce ne peut annoncer rien de bon pour
vous et votre ordinateur. Comme nous l’avons vu dans le chapitre
précédent, un backdoor n’est rien d’autre que le client d’un serveur que
possède le pirate et il peut être un véritable outil d’administration à
distance, au même titre que les produits commerciaux. Tout dépend donc
des commandes de prise de contrôle à distance qu’il possède.
Voyons l'exemple, dans Back Orifice, de la
commande "system dialogbox".
Elle permet d'afficher sur le serveur une boîte
de dialogue, avec le titre et le message que l'on veut.

Bon, ce n'est pas bien méchant, me direz-vous.
Voyons mainetenant une autre commande

Vous l'avez deviné, "system password" permet à
votre hacker de vous voler vos mots de passe réseau enregistré sur le
système, et ce, sans aucun problème. Une petite commande, et tout est
là, en clair !
Pas si compliqué, comme je le disais. Mais
assez effrayant, non ? Maintenant, vous doutez. Quelqu’un aurait-il le
libre accès à votre ordinateur ?
Reprenez vos esprits, et voyons calmement comment vérifier s’il y a, ou
non, présence d’un troyen sur votre ordinateur
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